On se retrouve par moment face à une situation qui permet de faire germer une idée.
Certain l’ignore, d’autre, par contre, se donne la peine de la faire fleurir.
C’est le cas de ce jeune étudiant néerlandais de 20 ans, Boyan Slat, qui a eu une idée brillante pour d’épurer les océans de ces déchets.
Il aurait pris conscience de la nécessité de nettoyer les mers à 16 ans, lors d’une expédition de plongée en Grèce, où il a pu observer plus de sacs plastiques que de poissons.

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Son principe est simple, c’est juste un système de longues boues flottantes placées sous l’eau à des endroits stratégiques contre lequel se colleront les plastiques. Ces derniers seront ainsi piégés, et stockés dans une tour centrale flottante pouvant contenir jusqu’à 3000 mètres cubes de plastique.
Les déchets seront ensuite récupérés par camion-citerne quelques semaines après pour être recyclés.
Selon lui, en moins de dix ans, la moitié des déchets de l’Océan Pacifique pourrait être récupérée et exploitée.

Une idée assez simpliste, mais efficace, pourtant ce jeune étudiant n’a trouvé personne pour l’épauler lors de cette aventure, il a donc créé sa propre fondation.
Il a ensuite choisi un site de financement participatif pour présenter son projet sous le nom d' « Ocean Cleanup ».
Au final, son objectif est rapidement atteint : 38 000 personnes de 160 pays ont dépensé plus de 2 millions de dollars en 19 jours (environ 1,54 million d’euros).
Son TED a d’ailleurs été visionné 1,6 million de fois. Au final, son idée est tellement audacieuse qu’il a été le plus jeune lauréat du prix « Champions de la Terre » des Nations Unies.

Ainsi, cet élève de l’Université de Technologie de Delft annonce le 20 mai, lors d’une conférence sur l’innovation, que son projet débuterait dès le début de l’année 2016.

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Bientôt à l’eau

Le premier capteur de plastique sera donc mis près de l’île de Tsushima située entre le Japon et la Corée du Sud. Cette construction fera deux kilomètres de large et elle sera destinée à nettoyer la zone pendant deux ans.
Il faut savoir qu’à Tsushima, pour 40 000 habitants, on compte un mètre cube de plastique rejeté dans l’océan par an et par habitant. Ce qui est énorme.

Le « Plastic catcher » suivant fera 100 kilomètres de long, et il sera installé en plein coeur de l’Océan Pacifique, entre la Californie et Hawaii.
Ce lieu est une zone de croisement de courants marins tristement célèbre pour son taux de pollution.
Boyan Slat espère y aspirer la moitié de la « Soupe de plastique » présente dans ces eaux.
« Soupe de plastique » étant le nom du huitième continent, composé uniquement de déchets plastiques et non dégradables et qui continuent de s’agrandir de plus en plus chaque jour.

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Quelques septiques

Pour beaucoup d’experts, ce projet serait totalement irréalisable.
Selon eux, l’initiative ne traiterait qu’une infime partie du problème de la pollution des mers.
De même, certaines personnes se demandent, l'impacte qu'aurait de telles boues sur la faune et la flore océanique.
D’autres, se demandent si un tel système pourrait bien capturer les micros particule de plastique qui circulent dans l’eau.
De plus, pour que la totalité du projet aboutisse et que l’ensemble des flots soit nettoyé, il faudrait au moins récolter 300 millions de dollars.

Pourtant Boyan ne se décourage pas, il veut démontrer la solidité de son projet, pour cela il a le soutien d’une centaine de scientifiques et d’ingénieurs bénévoles.
Il a également organisé une immense campagne de recrutement pour étoffer son équipe.
Boyan a aussi abandonné ses études à l’université pour avoir du temps à consacrer à son projet et sa fondation.

Beaucoup de gens critiquent ce jeune homme, ne voyant pas la nécessiter d’une telle idée.
Pourtant, quand on sait que, chaque année, 270 000 tonnes de déchets plastiques sont rejetés dans les océans, on voit le besoin de nettoyer notre écosystème.
Bien sûr, le nettoyage n’est pas la seule chose à faire. Il faut aussi réduire, voir totalement arrêter de jeter nos déchets dans les océans.
En soi, une bonne idée qui pourrait bien évoluer vers une technologie plus concrète.
On ne sait pas comment sera l’avenir, mais j’espère que ce projet aboutisse en bien.
Bref, ne faut-il pas mieux une petite idée au goût rêveur, qu’aucun projet du tout ?

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