Depuis des années, il subsiste une loi que de nombreuses personnes veulent changer.
Celle-ci existe depuis longtemps, mais elle est maintenant révolue.
Pourtant aucun politicien ne veut prendre le risque de la modifier.
Je vais donc vous parler « du statut de l’animal en France ».

Il faut savoir qu’en France les animaux n’ont aucun droit sur le plan juridique.
Ils sont même considérés par la loi comme de simple meuble !
Pourtant cette idée est absurde, surtout quand on sait qu’un foyer sur deux possède au moins un animal domestique.
De plus, la France est le pays européen qui détient le plus d’animaux, avec 60 millions d'animaux domestiques.
En soi, les Français aiment les animaux.
La preuve 90% des Français considèrent leur animal de compagnie comme un membre à part entière de leur famille.
Pourtant la France est le pays d'Europe le plus en retard en matière de protection animale.

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Ceci viendrait tout d’abord de notre héritage du passé, de notre histoire où les animaux ont vécu de sombres années.
Ainsi, vers christianisme, l’animal est considéré comme simple objet que l'on sacrifie. Dès lors, on peut le manger, le museler et lui occasionner de la souffrance sans le moindre remord.
Puis, bien des siècles plus tard, le philosophe René Descartes évoquait les « animaux-machine ».
Partant du principe, que les animaux ne peuvent rien exprimer, et en se fondant sur son célèbre « je pense, donc je suis ». Il affirme alors que ceux-ci sont dépourvus de sensibilité.
On peut donc le frapper et le faire souffrir, l’animal ne ressent rien.
Bien sûr, on pourrait aussi parler des chats brulés vifs, car ils symbolisaient les sorcières.
Ou encore des chouettes qui étaient clouées sur les portes pour faire fuir le mauvais sort.
Ainsi, comme on peut le voir, la France est remplie d’histoire peignant les animaux comme de simple objet.
De plus, la France est très attachée à son esprit conservateur même au sujet des animaux.
C’est pour cela que cette loi existe encore, pour ne pas amputer le pays de ce qui fait son identité.

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Un long combat

Pourtant, même si cette loi existe encore, certaines personnes se soulèvent contre elle.
De ce fait, de nombreuses associations, telles que 30 Millions d’amis, souhaitent changer le Code civil, qui considère, depuis 1804, les animaux comme des biens.
Ils voudraient ainsi donner aux animaux un statut de sujet de droit et ainsi, de le protéger tant civilement que juridiquement.
Ceci pourrait permettre en outre de punir plus sévèrement la maltraitance.

Sachez aussi que récemment des intellectuels, philosophes, écrivains, historiens, tel que Boris Cyrulnik, Michel Onfray, Erik Orsenna, André Comte-Sponville ou encore Alain Finkielkraut, se sont mobilisés pour réclamer à leur tour la reconnaissance des animaux dans un manifeste.

« Certes, les animaux ne sont pas des humains. Ce n'est pourtant pas la proclamation d'une dignité métaphysique, mais certains attributs - capacité à ressentir la douleur et le plaisir notamment - que les humains partagent avec au moins tous les vertébrés, qui enracinent les droits les plus fondamentaux. Et bien que dans diverses réglementations françaises et européennes les animaux soient reconnus pour leur qualité d'« êtres sensibles », encouragée en ce sens par les progrès de la connaissance scientifique, ils demeurent de manière de plus en plus contradictoire des biens meubles dans notre code civil », écrivent-ils.

« Pour que les animaux bénéficient d'un régime juridique conforme à leur nature d'êtres vivants et sensibles et que l'amélioration de leur condition puisse suivre son juste cours, une catégorie propre doit leur être ménagée dans le Code civil entre les personnes et les biens ».

On peut donc dire que les animaux ne sont pas seuls, de nombreuses personnes cherchent à changer la loi, pour permettre de faire évoluer les choses.
Mais même si les animaux sont toujours des meubles, il faut savoir que d’autres progrès ont été réalisés ces dernières années.
Ainsi en 1978, la Déclaration universelle des droits de l'animal a été proclamée à la Maison de l'Unesco.
Néanmoins, même si elle n'a toujours aucune portée juridique, elle est cependant diffusée par de nombreuses associations de protection animale.
De plus, le Code rural reconnaît l'animal comme un « être sensible » et le Code pénal punissent les sévices et la maltraitance.
Malheureusement, les auteurs de ces actes de cruauté envers les animaux n'écopent que de peines avec sursis, car le statut de l’animal n’est pas pris en considération.

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Une réponse décourageante

Lors de sa compagne électorale, François Hollande s'était prononcé en faveur d'une évolution de ce statut.
« Nous pourrions (...) faire une distinction entre l’animal et les choses, comme en Allemagne » avait-il alors déclaré à la Fondation 30 Millions d'amis.
C’est pour cela que de nombreuses associations ont eu l’espoir de voir la loi modifier, mais il en a été autrement.
Ainsi, le président de la République s'est exprimé à ce sujet lors de l’ouverture du salon de l'agriculture 2014.
Il affirma alors devant de nombreuses associations qu'il n'envisageait pas de modifier le statut de l'animal.

« Dans le code rural notamment, l'animal est déjà considéré comme un être sensible. Pourquoi ajouter d'autres considérations ? » Expliqua François Hollande.
Il ajoute aussi que « beaucoup d'efforts ont été réalisés pour le bien-être animal sans qu'il soit nécessaire de le traduire par une loi »

En soi, la réponse que de nombreuses personnes espéraient positive s’est finalement montrée négative.
Notre président s’est donc rétracté vis-à-vis de sa promesse, pour laisser derrière lui des associations en colère.
Par conséquent, les animaux sont toujours considérés comme des meubles, alors que la population ne les voit pas ainsi.
Quand cette loi va-t-elle changer ?
Quand un politicien prendra-t-il ce risque ?

Personne ne le sait, mais, si vous voulez voir ce changement, il faut ne pas hésiter à parler de cette loi absurde.

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