Zouzou, ce renard, qui voulait vivre avec sa famille humaine, vient enfin de terminer cette longue saga judiciaire, dont il était le héros depuis 2011.
C’est le jeudi 23 janvier que la famille a annoncé cette nouvelle avec le sourire.
Ainsi, ce matin-là, ils sont reçus par courrier, leur certificat de capacité pour l'entretien d'animaux d'espèces non domestiques.
Ce texte est une « décision relative à la délivrance d'un certificat de capacité pour la conduite d'élevage d'animaux de l'espèce : renard roux », daté du 16 janvier.
De plus, il est accompagné d'un arrêté autorisant l'ouverture d'un établissement d'élevage pour Zouzou.
Le certificat est ainsi délivré « jusqu'à la mort de l'animal dénommé Zouzou ».
Devant ces documents, la préfecture de la Dordogne a donc dû valider l'ensemble des pièces du dossier que les époux Delanes leur ont fait parvenir en septembre 2013.
Par conséquent, Zouzou est maintenant considéré officiellement comme un animal domestique et peut donc rester avec ses parents d'adoption en Dordogne.

« Nous venons de recevoir le certificat de capacité unique, document qui nous permettra de garder Zouzou jusqu'à sa mort », a déclaré Anne-Paul Delanes.
« Cela fait trois ans et demi que l'on attendait cela », s'est-elle félicitée en assurant qu'elle allait « encadrer » le document.

La famille d'accueil de Zouzou souhaite à présent interrompre la procédure de pourvoi en cassation qu'elle a engagée après son procès perdu devant la Cour d'appel de Bordeaux en juin dernier.
« D'après notre avocat, cela ne devrait pas poser trop de difficulté », estime Anna-Paul Delanes, qui se réjouit pleinement de « voir son combat pour la garde de Zouzou aboutir après trois ans de mobilisation ».
Zouzou fêtera donc ces quatre ans en mars entourés de sa famille adoptive et aimante.

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Un petit résumé des faits

Il y a quatre ans, Zouzou, à l'époque un bébé renard, avait été retrouvé près du cadavre de sa mère par les Delanes, qui l'avaient alors adopté.
« Je l'avais trouvé sur le bord de la route, sur le corps de sa mère qui venait de se faire écraser. Nous l'avons nourri au biberon, puis avec des boulettes de viande », avait raconté en mai 2011 Didier Delanes, paysagiste, dont la maison était déjà un refuge pour chiens, chats, poules et truie.

« Zouzou est parfaitement apprivoisé. Nous l'avons installé dans une grande cage fermée, et un vétérinaire nous a assurés qu'elle est aux normes. Nous l'avons vacciné, nous sommes prêts à le stériliser s'il le faut, mais il n'est pas question qu'on nous l'enlève », assurait à l'époque Anna-Paule, aide-soignante.
« Il joue à la balle avec nous, il se laisse caresser, il répond quand on l'appelle, il jappe, et il remue la queue quand il est content. Les poules viennent même boire dans sa gamelle. Ça reste un renard, mais il est comme un chien » témoignait le fils, Rudy.

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C’est alors que la famille a dû batailler contre le parquet général de Bergerac d'abord, puis contre la cour d'appel de Bordeaux pour garder Zouzou.
Ainsi le 11 juin 2013, la cour d'appel de Bordeaux a condamné Anne-Paule Delanes et son époux Didier à verser une amende de 300 € et à la confiscation du renard, déjà prononcée en première instance.
L'arrêt, contre lequel ils s'étaient pourvus en cassation, faisait état notamment d'un refus de suivre la formation requise pour garder Zouzou, animal considéré par la loi comme sauvage.
Le parquet général avait aussi épinglé « la mauvaise volonté » du couple.

Néanmoins, les Delanes ne se sont pas découragés, et, en attendant que la Cour de cassation se penche sur le cas de Zouzou, ils ont continué leurs démarches auprès de la préfecture pour obtenir les autorisations nécessaires.
Entre-temps, Zouzou a été caché par la famille de crainte d'une confiscation.

« Il est très câlin, plus qu'un chien », raconte Anne-Paule Delanes.
« Quand il nous voit, il se roule par terre et pousse des petits cris de joie », décrit-elle, en précisant qu'il ne fait preuve « d'aucune agressivité » et se montre simplement craintif dans la maison, « où tous les bruits l'effraient ».

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Mon petit mot

À la base, je n’avais pas prévu d’écrire un tel article cette semaine.
Mais en apprenant la nouvelle et comme Zouzou, le renard était un de mes premiers articles, je me suis dit qu’il fallait absolument que je le fasse.
C’est donc avec le sourire que j’ai écrit cette note.
De plus, entendre cette nouvelle m’a rendue très heureuse.
Savoir que Zouzou, qui a été élevé par l’homme, peut vivre avec sa famille, au lieu de survivre dans la nature alors qu’il connaissait l’être humain, me rassure.
Comme beaucoup le savent, si ce petit renard avait été remis en liberté, il serait surement mort, tué par un quelconque humain, car justement il n’avait pas la crainte de l’homme.
Ainsi, il vivra avec sa famille d’adoption, qui est maintenant apte à le recevoir en bonne et due forme.
Néanmoins, je le répète toujours et encore, un animal sauvage est fait pour vivre en liberté.
Zouzou est un cas rare, il ne faut pas croire qu’un animal sauvage est fait pour vivre avec l’homme.
Cependant, il arrive parfois que des personnes trouvent un petit et ils choisissent de le sauver.
Dans ce cas, je trouve ce geste louable, il faut mieux sauver une vie que l’ignorer.
Bref, une histoire très belle, qui finit enfin après trois années de combat juridiques.
Le Happy end, tant espéré, a donc bien eu lieu.
Je souhaite beaucoup de bonheur à cette petite famille.

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