À lui seul, il représente un être mystique et le froid hivernal, mais aussi la domestication et les grandes plaines sauvages.
Il fait partie des contes de Noël, pourtant, chaque jour, il aide et nourrit des familles vivant dans le Nord.
Un animal, où les femelles détiennent des bois, et qui à deux noms pour l’appeler, son
nom ?
Le Renne ou encore le Caribou
Mais d’où vient-il ?
Qu’elle ait son histoire ?
Et surtout son rapport avec l’homme ?

Renne mâle.

Son origine

Le renne est connu sous le nom scientifique de Rangifer tarandus, c’est un mammifère appartenant à la famille des Cervidés.
En Amérique du Nord, il a pris le nom de « Caribou » qui est d’origine algonquienne.
Ce surnom vient du mot indien « xalibu » qui signifie « pelleteur ».
Celui-ci le désigne parfaitement, car le caribou se sert de ses sabots comme d’une pelle, pour creuser la neige et trouver à manger.
Il n’a jamais été domestiqué en Amérique du Nord, alors qu’au nord de l’Europe il est apprivoisé et sert notamment d'animal de trait et de bât.

Le renne serait apparu sous sa forme actuelle il y a plus d’un million d’années dans la zone du détroit de Béring, alors en partie asséché.
De là, les rennes se sont dispersés vers l’est et vers l’ouest pour peupler l’ensemble des zones arctiques du pôle Nord.
Le renne a, ainsi, côtoyé le mammouth et le rhinocéros laineux.
Mais contrairement à eux, le renne a survécu aux changements climatiques successifs de l’ère quaternaire, ceci serait attribué aux faibles exigences alimentaires de l’animal.
Par contre, on ne connaît pas bien les ascendants plus lointains du renne.
L’un de ces ancêtres lointains pourrait être le Morenelaphus, qui vivait en Amérique du Sud, il y a cinq millions d’années.
De plus, le renne était particulièrement répandu en Europe au paléolithique supérieur, où de nombreuses peintures rupestres le représentant furent découvertes, témoignant alors, de son importance à cette époque.

Bois du renne qui perd des lambeaux de peau.

Alors Sauvage ou Domestique ?

Contrairement au caribou, le renne a été domestiqué et sert de monture ou d'animal de trait aux populations du Nord européen et asiatique.
Il leur procure, ainsi, tous le nécessaire pour survivre, entre la nourriture, de quoi se vêtir et s’abriter.
Mais, on ne sait pas vraiment quel peuple a commencé à domestiquer le renne.
On sait juste que ce savoir-faire a été transmis de la Sibérie à la Scandinavie autour de l'an 1 000 avant Jésus-Christ.
Ce sont les Sames, appelés aussi « Lapons », qui ont pratiqué l'élevage du renne en Scandinavie, ils le font même encore de nos jours, pour eux, l'élevage du renne est une activité ancestrale.
Parmi les populations nomades du cercle polaire sibérien tirant parti du renne, on peut encore trouver les Nénètses de Russie et les Tsaatans de Mongolie

Souvent, les rennes peuvent aller et venir librement, car ce sont les hommes qui les suivent.
Quelquefois, les bêtes sont rassemblées au cours de l'année pour marquer les jeunes ou tuer quelques animaux, comme les plus âgés ou pour éviter une surpopulation et par moment pour nourrir la population des éleveurs.
Aujourd’hui, le rassemblement des troupeaux est pratiqué à l'aide d'hélicoptères et de motoneiges, le rendant moins fatigant pour l’homme.
C’est seulement au cours du 20e siècle que la domestication du renne a été introduite au Groenland, en Alaska et au Canada.
Dans ces régions, les rennes étaient uniquement chassés par l’homme.
Mais, il arrive encore de voir des rennes sauvages comme dans la Géorgie du Sud ou les îles Kerguelen, qui abritent quelques populations acclimatées et vivant une vie sauvage.
Ainsi le renne est considéré comme un animal domestique, mais quand même un peu sauvage vu qu’il ne fait pas partie d’une race à la descendance domestique à l’origine (tel le chien).
Pourtant, de nos jours il existe plus de renne en élevage qu'en liberté.
Certains disent que le Caribou est l’appellation pour « Renne sauvage » et Renne servirait à designer un « Renne apprivoiser ».

Renne mâle au printemps.

En milieu naturel

Son habitat

Le renne vit dans les régions situées au niveau du cercle polaire arctique et au-delà.
On le trouve principalement au Groenland, en Scandinavie, dans le nord de la Russie, de la Mongolie et de la Chine.
Il vit aussi dans les régions nordiques du Québec (au Canada et en Alaska).
Comme il migre au printemps et à l'automne, il habite successivement la forêt boréale, la toundra forestière et la toundra arctique.
Ainsi, dans la forêt boréale, il recherche des clairières, des bordures de lac et des rivières ou de tourbières.
Dans la toundra, il rencontre par contre des bosquets épars d'épinettes, de sapins et de mélèzes, des espaces herbeux et des tourbières.

Carte des regions où vit le renne.

Migration

Il fait savoir que les rennes en Amérique du Nord peuvent parcourir jusqu’à 6 000 km par an pour leur migration, ce qui donne la plus longue incursion venant des animaux terrestres.
Elle commence à partir du mois d’avril, quand le froid commence à s’intensifier en Arctique.
Les rennes entament alors leur migration vers le nord et profitent en plus de l’été polaire.
Puis dès juillet, ils refont le parcours en sens inverse.

Pendant la migration, les rennes se réunissent pour former de gigantesques troupeaux d’à peu près 120 000 têtes qui s’étirent sur une file de 300 km de long.
Mais fois arrivées, ils se dispersent en petits groupes pour reprendre leur vie d’origine.
Pour assurer la cohésion du troupeau pendant la longue migration, les rennes utilisent un outil naturel, un cliquetis audible à plus de 100 m de distance, celui-ci est dû au glissement des tendons sur les os de ses pattes quand ils se déplacent.

De plus, des chercheurs ont démontré que les routes traditionnelles de migration sont enseignées par les femelles âgées qui voyagent en tête du troupeau.
Elles connaissent ainsi les bons pâturages et les aires d’hivernage, quand elles sont abattues par des chasseurs ou des prédateurs, le troupeau se désorganise et il ne peut plus survivre.
Ainsi, outre l’instinct, la transmission d’une génération à l’autre est primordiale, démontrant donc que les ancêtres ont une place importante dans le troupeau.
Hélas ! Durant la longue traversée, les rennes doivent affronter beaucoup de dangers, comme la faim, le froid, les avalanches, les noyades ou encore ses prédateurs naturels.

Troupeaux en pleine migration traversant une riviere.

Son régime alimentaire

Le renne a une alimentation assez variée, mais il a une nette préférence pour les lichens, très riches en éléments nutritifs.
En hiver, il va même jusqu’à creuser des trous d'un mètre de profond avec ses sabots pour en trouver.
Il consomme aussi une grande quantité de plantes, l'écorce des arbres, des champignons, des rameaux d'arbustes, des herbes et des mousses.
Son menu est plus limité en hiver, il doit alors se contenter d'écorces, de branches d'arbres et de lichens.
Il se nourrit essentiellement le matin et, le soir, en après-midi il se repose et rumine.

Renne femelle broutant.

Ces prédateurs

Les principaux prédateurs du renne sont les loups, mais, dans certaines régions, ils sont remplacés par les lynx ou encore les ours noirs, bruns et polaires.
Les meutes de loups profitent ainsi de la migration des rennes pour les suivre et les chasser.
Ils repèrent souvent une femelle et son petit, pour les encercler, puis ils les isolent et les dévorent.
On estime qu’un seul loup tue entre 10 et 15 rennes par an.
Cependant, les rennes en bonne santé sont bien plus rapides à la course que la plupart de leurs prédateurs, ils peuvent ainsi courir à 70 km/h, en cas de danger
Ce sont surtout les individus, faibles, malades, jeunes ou encore âgés qui succombent aux loups.
De plus, les bois des grands mâles font une arme redoutable pour affronter les loups ou un ours.

Renne albinos

Par contre, en été, le renne fait face à un autre prédateur : l’œstre.
Cet insecte fait partie des mouches et ressemble à un gros bourdon, certaines espèces pondent sous la peau et d’autres déposent les œufs dans les cavités nasales.
Ainsi, quand les larves se métamorphosent en insectes adultes, elles perforent la peau, occasionnant de grandes souffrances aux rennes.
En plus durant l’été, les troupeaux sont harcelés par les mouches, les moustiques ou les varrons.
Le bourdonnement incessant affole souvent les rennes qui se mettent à courir pendant des kilomètres et cela jusqu’au bord de l’épuisement.

Morphologie du Renne

Le renne est un cervidé plus imposant que le cerf de Virginie et plus petit que l'orignal.
C’est un animal pouvant peser jusqu’à 180 kg pour un mâle adulte pour une taille moyenne de 1,30 m au garrot.
Les femelles font un poids moyen d'environ 100 kg pour une taille au garrot de 1,10 m environ.

Schéma montrant les differences de tailles entre Cervidés.


Sa tête se termine par un museau poilu et plutôt plat, ses oreilles sont plutôt courtes et velues.
Le renne a aussi des pattes longues et effilées qui sont munies de larges sabots.
Sa queue est très poilue, elle peut atteindre entre 15cm et 20cm de longueur.
Au-dessus de son crâne, il porte des bois durs qui peuvent atteindre chez le mâle entre 75 cm et 1,50 m.
Chez la femelle, les bois sont moins imposants et plus effilés.

Crâne de renne.

Le pelage

La couleur de son pelage peut varier selon l'âge, le sexe et les saisons.
À la naissance, les petits sont gris pâle, alors que les adultes sont brun foncé avec des taches blanches au cou, au ventre et aux pattes.
En hiver, sa fourrure devient plus pâle et plus dense, ce qui le rend moins visible et lui procurer une meilleure protection contre le froid et le vent.
De plus, le renne est capable de survivre à des températures de – 40 °C, grâce à un manteau de fourrure constitué de deux couches :
- De longs poils creux, appelés « jarres » qui retiennent l’air chaud.
- Un épais duvet de laine.
Les jarres sont creuses comme un tube, ce qui lui donne une possibilité de flottaison dans l'eau, il nage ainsi plus aisément et plus rapidement.
C’est seulement vers la fin de l’hiver que le renne mue et perd ses poils.

Renne femelle traversant une riviere.

Le sabot

Il faut savoir que le sabot du renne a la particularité de s’adapter aux saisons.
Ainsi, en été, la bordure de corne se rétracte et laisse place à des coussinets de chair qui facilitent la marche dans les marécages.
En hiver, le sabot prend alors une forme concave, le bord devient coupant pour adhérer aux sols glissants, enfin, les coussinets de chair se rétrécissent et ils sont recouverts par des poils.
Les sabots du renne font ainsi office de raquettes.
Étant presque aussi larges que longs, ils servent aussi à creuser pour trouver leur nourriture, mais également à propulser l’animal dans l’eau quand il traverse une rivière.

Sabot de renne.

L’anatomie

Le squelette du renne ressemble à celui de ces coussins Cervidé, la seule différence est peut-être le fait que les femmes détiennent elles aussi des bois.
L’odorat du renne est plus développé que celui du cerf de Virginie et de l'orignal.
Son ouïe est aussi sensible, ce qui compense sa vue pas très perçante.

Squelette de renne.


Les lichens, très riches en sucres, participent ainsi à la lutte contre le froid des rennes.
Ceux-ci en fermentant, dans le rumen (une poche de l’estomac), produisent de la chaleur, maintenant la température interne à 37 °C.
Le renne emmagasine aussi beaucoup d’eau dans ses tissus, ce qui lui sert d’isolant thermique.
Il est donc un animal fait pour supporter les grands froids et survivre dans un milieu hostile.

Anatomie interne du renne.

La ramure

Dès son premier automne, le petit possède déjà deux petites bosses velues sur le dessus du crâne, les années suivantes, qu'il soit mâle ou femelle, il portera des bois durs de couleur ambre.
Chez les mâles, la ramure commence à pousser au mois de mars et atteint son apogée à la saison des amours, il la perd dès l’automne après la période de rut.
Les femelles et les jeunes conservent leur bois une grande partie de l’hiver.
Puis, au début de l'été suivant, ils poussent de nouveau.

Les bois peuvent atteindre 1,50 m d’envergure et peser jusqu’à 7 kg chez un mâle adulte, ils sont constitués :
- D’une tige centrale, appelée « merrain »
- De plusieurs ramifications, appelées « les andouillers »
De plus, aucun individu ne possède la même ramure, elle est une véritable signature personnelle, comme une empreinte digitale.
Les bois sont des excroissances osseuses du crâne qui se renouvellent tous les ans.
Au début de la repousse, ils sont recouverts de « velours », une sorte de peau irriguée par de petits vaisseaux sanguins.
Ce sont eux qui acheminent les substances nutritives nécessaires à la croissance de la ramure.
Une fois la croissance terminée, le sang cesse de circuler, le tissu se dessèche et se détache par lambeaux, dévoilant la nouvelle ramure.

Bois de renne.

Longévité

Les rennes vivent entre 12 et 15 ans dans la nature, mais ils peuvent vivre jusqu'à 20 ans lorsqu'ils sont en captivité.

Caractères et comportement

Les rennes sont des animaux craintifs et curieux, de naturel calme, ils deviennent plus agressifs au moment de la reproduction.
Les rennes domestiqués ont conservé une grande partie des instincts de leurs ancêtres, par exemple ils fuient leurs prédateurs et s'en protègent en groupe.
De plus, ils se mettent instinctivement en file indienne pour traverser les lacs ou fleuves gelés ou pour nager.
Ils préfèrent aussi marcher sur la neige que la glace, et ils savent trouver leur nourriture sous la neige.
Cependant même s’ils vivent en troupeaux pour pouvoir se protégera mutuellement, ils n'évitent pas toujours les accidents.

Renne mâle du Canada.

Reproduction

Le rut

Pour les rennes, la saison des amours commence, vers la fin du mois de septembre.
Mais, seuls les mâles les plus vigoureux pourront s’accoupler, ainsi, l’objectif d’un mâle est de constituer un harem dont il sera l’unique reproducteur.
Donc pendant 2 à 3 semaines, les mâles s’affrontent en combats singuliers, ce sont en quelque sorte des tournois éliminatoires qui deviennent de plus en plus violents au fur et à mesure que les prétendants sont éliminés.
Cependant, les combats ne sont jamais mortels et les blessures sont plutôt rares.

Brâme du renne.

Le vainqueur s’approprie alors un groupe d’une quinzaine de femelles, et il reste au sein du harem le temps du rut, puis il repart.
Hélas, diriger et surveiller un harem n’est pas de tout repos, le mâle doit avoir assez d’énergie pour les multiples accouplements, et aussi pour défendre ses femelles.
De plus dès qu’ils s’accouplent avec l’une d’entre elles, les autres mâles tentent leur chance avec les femelles délaissées.
Pour séduire les femelles, le mâle possède une botte secrète : « sa glande tarsienne », elle est située sur chaque patte arrière à l’intérieur du jarret, cette glande produit une sécrétion odorante irrésistible.
Le fait d’être chef de harem est épuisant, et à la fin de la période des amours, le mâle dominant est souvent affaibli, c’est pour cela qu’un mâle ne dirige un harem qu’une fois dans sa vie.
Pourtant cette caractéristique permet d’éviter toute consanguinité et de plus, les faons possèdent des gènes forts, ainsi la résistance de l’espèce est assurée.

Combat entre deux jeunes mâles.

La naissance

Les femelles donnent naissance à leur petit 7 mois et demi après le rut.
Elles mettent bas chaque année au même endroit même si la harde a changé d’aire d’hivernage.
De plus, toutes les naissances ont lieu dans un laps de temps très court, soit une dizaine de jours échelonnés entre fin mai et début juin.
Mais, les changements climatiques rendent les naissances des rennes de plus en plus difficiles, autrefois, les femelles ne mettaient bas qu’une fois arrivée au terme de la migration de printemps.
Aujourd’hui, la progression des troupeaux est ralentie par l’alternance de gel et de dégel, de ce fait la nourriture devient plus difficile à trouver.
C'est pourquoi beaucoup de bébés naissent en route et meurent noyés dans les rivières en crue.

Jeune renne.

Dans le Grand Nord, même à la fin du printemps, il fait très froid, c’est pour cela que la mère du faon le lèche dès sa naissance pour éviter que son poil gèle.
En seulement trois jours, le jeune doit être capable de suivre le troupeau.
Le lait des femelles est quatre fois plus riche que celui d’une vache, le faon tète toutes les 18 minutes pour grandir rapidement.
À sa naissance, le bébé ne pèse que 6 ou 7 kilos, un mois plus tard, il en pèsera 26 kilos.
Il faut savoir que la femelle conserve ses bois durant l’hiver, car cela lui donne des avantages pour élever son petit.
Elle peut ainsi creuser la neige pour trouver la nourriture, se défendre contre les prédateurs.
De plus, les bois représentent une réserve de calcium, le fœtus puise dans cette réserve si l’alimentation de sa mère n’en contient pas assez, permettant de sauver la mère et le futur petit.
Le faon reste près de sa mère pendant près d’un an.
Pour le retrouver au milieu du troupeau, elle dispose du larmier, c’est une glande, située sous l’orbite de l’œil, qui lui permet d’imprimer son odeur en frottant sa tête contre le corps du faon.
Hélas, environ un quart des faons meurt avant d’atteindre un mois et 50 à 80 % des jeunes mourront avant leur première année.
Heureusement, les femelles sont très fertiles et 90 % d’entre elles ont un petit chaque année, voire des fois deux.
De plus, les jeunes rennes atteignent souvent leur maturité sexuelle vers l'âge de 2 ans et demi, et la femelle reste fertile jusqu'à un âge avancé.

Les différentes espèces de rennes

Le mode de vie chez le renne peut varier, selon sa zone géographique, cette différence a un impact sur les caractéristiques physiques de l’animal.
C'est pourquoi on distingue plusieurs sous-espèces de renne, dont plusieurs éteintes.
En voici quelque une.

Le Caribou des bois (Rangifer tarandus caribou)
Ce renne/caribou se distingue de ses congénères grâce à sa grande taille et son pelage plus foncé.
Un mâle pèse en moyenne 180 kg.
De plus, le caribou des bois ne se déplace pas en grands troupeaux, ils vivent en petits groupes et sont extrêmement sauvages.
Ils affectionnent les zones de plaine plantée de sapins et parsemée de marais, certains habitent des zones montagneuses, à plus de 2 000 m d’altitude.


Le Renne de la toundra (Rangifer tarandus groenlandicus)
C’est le plus répandu des rennes, puisqu’on estime sa population à environ 1,2 million d’individus.
Un mâle pèse en moyenne 145 kg.
Certains restent toute l’année dans la toundra, une immense plaine où le sol reste toujours gelé en profondeur.
La plupart se rassemblent en immenses hardes pour migrer l’hiver dans la taïga, ces troupeaux, très mobiles, peuvent ainsi parcourir des milliers de kilomètres chaque année.
La forme de l’Alaska, appelée « caribou de Grant » est légèrement plus grande que la forme canadienne.
De tous les cervidés, c’est le renne de la toundra qui possède la plus grande ramure.


Le Caribou de Peary (Rangifer tarandus pearyi)
On rencontre ce renne/caribou que dans les parties les plus septentrionales du Canada, sur les îles de l’archipel arctique, où le climat est très rigoureux.
Il y vit pendant plus de 6 mois dans l’obscurité, sa taille est plus modeste.
Un mâle pèse au maximum 70 kg, son pelage est clair, presque blanc.
De plus, contrairement aux autres espèces, ses bois sont presque verticaux.
Cette espèce dont la population n’excède pas 3 000 individus est considérée comme étant en voie d’extinction.


Le caribou de Grant (Rangifer tarandus granti)
Ce renne/caribou est une sous-espèce qui vit en Alaska, au Yukon et dans le territoire du Nord-Ouest au Canada.
Il est légèrement plus grand que la forme du Canada, appelée « Renne de la toundra ».
  Caribou des îles Reine-Charlotte (Rangifer tarandus dawsoni)
Ce renne/caribou est une sous-espèce endémique au Canada, elle se serait éteinte avant les années 1920.
La population était insulaire à la partie nord-ouest de l'île Graham.
Il fait partie des deux mammifères présents au Canada et maintenant éteints dans le monde (l'autre étant le vison de mer).
De plus, il est aussi l'une des deux sous-espèces de rennes éteintes en Amérique du Nord, l'autre étant « rangifer tarandus eogroenlandicus ».
On sait peu de choses sur ce renne, on sait juste quelques détails comme son pelage qui était pâle et grisâtre.
C'était aussi un petit caribou ayant 1 m de hauteur jusqu'à l'épaule et il semble que les bois étaient petits chez les mâles et rarement portés par les femelles.


Un peu D’histoire

Il y a plus de 20 000 ans, au cours de la période glaciaire, alors que la plus grande partie du continent était recouverte de glace, le renne migra vers l’Amérique du Nord en passant par l'Alaska.
Mais, certaines sources croient que le renne était déjà présent en Amérique longtemps auparavant puisque les plus anciens fossiles de rennes découverts remonteraient à plus de 50 000 ans.

Le renne constituait déjà une proie de choix pour l'homme de Néandertal, puis pour l'Homme de Cro-Magnon.
Ce dernier le représente parfois dans les peintures pariétales ainsi que sur les outils et les objets du Paléolithique supérieur.
Les bois ont été très utilisés pour la confection de nombreux outils, du Magdalénien jusqu'au Néolithique récent.

Selon la tradition populaire, le traineau du Père Noël est tiré par des rennes.

Le renne apparaît sur une face de la pièce de monnaie canadienne de 25 cents.

Les rennes du Père Noël sont apparus pour la première fois en 1821 dans un poème de William Gilley, imprimeur à New York, qui commençait en ces termes :
« Avec beaucoup de joie, le bon Père Noël dirigeait ses rennes dans la nuit de Noël. »

En 1882, Clement Clarke Moore, un ami de Gilley, les a repris dans un autre poème, A Visit From st Nicholas (« Une visite de St Nicolas »), également connu sous le nom de The Night Before Christmas (« La Nuit avant Noël »), et leur a donné à chacun un nom.
Il y a quatre mâles et quatre femelles :
Tornade (Dasher) - Le plus rapide.
Danseur (Dancer) - La plus gracieuse.
Furie (Prancer) - Le plus puissant.
Fringant (Vixen) - Belle et puissante.
Comète (Comet) - Il apporte le bonheur aux enfants.
Cupidon (Cupid) - Elle amène l'amour aux enfants.
Tonnerre (Donner) - Le plus fort.
Éclair (Blitzen) - Elle apporte la lumière (elle est souvent considérée comme un mâle).

Rudolphe le renne au nez rouge apparaît en 1939, dans une histoire de Robert L. May.
Puis, dans une chanson, « Rudolph the Red-nosed Reindeer » écrite par Johnny Marks en 1949.
Grâce à son nez rouge lumineux, il guide le père Noël et lui permet d'effectuer sa tournée malgré la neige et le brouillard.

Le Dr. George Dawson fut le premier à découvrir le Caribou des îles Reine-Charlotte.
Étant géologiste de profession, il faisait une inspection du terrain de l'île Graham à l'été 1878.
Le 21 août, il a écrit dans son carnet :
« Des wapitis existent surement sur la pointe nord-ouest de l'île, mais sont rarement tués, comme ils ne sont pas suivis à l'intérieur des terres. »
Il trouvera plus tard que cette identification était celle de rennes.

En 1984, lors de leur migration annuelle, une harde de plusieurs milliers de rennes se jetaient à l'eau et traversaient une rivière à fort courant.
Au milieu de la rivière, ils s'arrêtaient sur une petite île pour se reposer.
Mais rapidement, comme il n'y avait plus de place, ceux qui continuaient d'arriver étaient refoulés, pour être emporté par le courant et se noyait.
On trouva alors des cadavres par milliers le long de la rivière, ainsi, les journaux du monde parlaient de cette catastrophe naturelle.
Heureusement, ces rennes représentaient à peine 4 % des 400 000 qui vivaient dans le Nord québécois.

Pour mieux connaître les itinéraires des rennes et les protéger, un important programme de suivi par satellite a été initié par le gouvernement du Québec.
Pour cela, des animaux ont été munis de colliers radio-émetteurs.

Aujourd'hui encore, les rennes sont chassés dans de nombreuses régions du monde, notamment pour leur viande et pour leur fourrure.
Dans les régions où les gros animaux sauvages, les plantes à fibres et les matériaux de construction font défaut, les hommes ont longtemps utilisé toutes les parties du renne, y compris les os comme outils.

Les lichens et champignons absorbent fortement le césium radioactif, les rennes européens ont donc été fortement touchés par les retombées de la catastrophe de Tchernobyl.
Le lait des rennes est ainsi devenu radioactif, devenant une source de risque de mutations délétères de l'ADN pour ses consommateurs humains ou pour les rennes en allaitement.
Des milliers de rennes ont dû être abattus et les éleveurs ont ensuite dû ajouter des produits chimiques ou des minéraux à la nourriture des rennes.

Ainsi en 2009, alors que 3 000 rennes traversaient un fleuve gelé, les animaux, de tête, peut-être en voyant que la glace était trop fine ont fait demi-tour.
Hélas ! Sous leur poids, la glace s'est rompue et presque tous les animaux sont tombés à l'eau.
200 rennes n'ont pas réussi à regagner la glace ferme et se sont noyés.

Magnifique mâle.

Merci, aux sites, blogs, forums et livres qui m'ont permis de faire cette fiche.