En début de semaine vers le mois d’octobre, deux monitrices d'un centre de plongée de Cassis (Bouches-du-Rhône) font une découverte des plus macabres.
À 58 mètres de fond, dans une calanque marseillaise de Morgiou, au sud-est de la France, elles ont découvert trois cadavres de dauphin bleu, il s’agirait d’un adulte et de deux petits, ils ont été attachés par la queue à un pneu rempli de béton, et ils seraient restés ainsi plusieurs jours.
Les mammifères marins semblent avoir été « balancés de la surface », comme de vulgaire sac de pommes de terre.
C’est donc un cas inédit et sans non de cruauté envers des animaux, un nouveau style de maltraitance qui mérite d’être punis.
N’oublions pas qu’un tel acte sur des animaux protégés constituerait un délit pénal.

Fabienne Henry, responsable du centre Narval plongée à Cassis, et Jacqueline Dozin, une monitrice du club, effectuaient une plongée profonde au large de la calanque de Morgiou, lorsqu'elles ont fait cette rencontre effroyable.

« Lors de la plongée, à 55 mètres, on a aperçu un peu plus loin quelque chose d'anormal. On s'y est rendu et l'on est tombé sur les cadavres de trois dauphins qui étaient à 58 mètres de profondeur et qui étaient reliés par la queue par un bout (cordage) lui-même attaché à un bloc de béton ».

« On était complètement choqué sous l'eau de voir ça, d'autant qu'il y avait un adulte et deux petits. Je ne suis pas spécialiste, mais ils n'étaient pas là depuis dix minutes, ils commençaient à être un peu abîmés. Ils ont été balancés de la surface, ça me paraît évident. Pourquoi à cet endroit ? Je n'en ai aucune idée », a confié l'une des plongeuses.

Enquête en cours

Contactée par l'AFP, la préfecture maritime a indiqué que le parquet de Marseille avait ouvert une enquête dont les investigations ont été confiées à la brigade de surveillance du littoral de la gendarmerie maritime.

Huit plongeurs ont repéré et filmé jeudi après-midi les cadavres des dauphins, avant de les remonter à l'aide d'un parachute à bord d'un des bateaux envoyés sur place par la gendarmerie maritime et les marins-pompiers.
Les cadavres, qui seront ensuite autopsiés par un vétérinaire pour tenter d'établir la cause du décès, ont été « repérés à 130 mètres à l'est du cap de Morgiou, à l'extrémité de la calanque », a précisé l'un des gendarmes présents sur le bateau.

« C'est la première fois qu'on voit ça », a-t-il ajouté, laissant entendre que cela ne pouvait pas être le geste d'un pêcheur.
Il a précisé que les cadavres pouvaient être ceux d'une mère et ses petits. « Ces mammifères sont protégés, les tuer constitue un délit pénal et les coupables risquent une peine d'emprisonnement », a expliqué un porte-parole de la préfecture maritime.

La thèse de l’accident

Une autopsie est en cours, elle devrait permettre de déterminer la date et la cause de la mort.
La brigade de surveillance du littoral de la gendarmerie maritime, qui est chargée des investigations, s’intéresse cependant de plus en plus à l’hypothèse d’un accident que l’on aurait tenté de dissimuler.
Les dauphins pourraient avoir été saisis par erreur dans des filets de pêche, et seraient morts asphyxiés.
Devant les probables conséquences induites par leur prise, les pêcheurs auraient choisi de se débarrasser des animaux.
En France, le dauphin est une espèce protégée et il est donc interdit de le capturer ou de le détruire (art. L 411-1 du code de l’environnement).
Ce délit (même accidentel) est passible de 6 mois de prison fermes et de 9 000 euros d'amende.

Franck Dupraz, vétérinaire et membre du Groupe d'études des cétacés en Méditerranée soutiennent l’hypothèse des gendarmes : « Le fait que ces trois dauphins aient été capturés en même temps montre qu’il ne peut s’agir que d’une prise accidentelle », affirme-t-il.
Pour le vétérinaire, cela n’aurait rien d’exceptionnel : « Nous avons déjà retrouvé des dauphins morts dont les corps portaient des traces de filets, ou encore dont les nageoires caudales et pectorales avaient été sectionnées, afin d’être rejetées à
la mer.
»
Franck Dupraz évoque également des cas où « les poumons sont enlevés pour éviter que le corps reste à la surface ».

Cette découverte intervient alors que le Parc national des Calanques devrait être officiellement lancé avant la fin de l’année 2011.
Ce classement a comme autres conséquences de créer des régimes répressifs spécifiques en cas d’atteinte à la faune, à la flore et au milieu naturel.

Mon petit mot

Encore, un nouveau signe de maltraitance contre les animaux, c'est à se demander jusqu’où peut aller l’imagination de l’homme pour faire souffrir des êtres vivants plus faibles que lui.
Mais quelque chose me gêne dans cette histoire, si des pécheurs avaient vraiment eu dans leur filet cette famille de dauphins.
N’aurait-il pas été mieux de les confier à un vétérinaire ou les relâcher en mer ?
Si ces pécheurs les ont tués si cruellement pour faire disparaitre les corps, ils ne devaient surement pas pêcher dans des eaux autorisées, montrant alors que depuis le début ils sont surement coupables de bien des choses.
Mais encore une fois, comment les gens auraient-ils perçu l’événement, si dans l’eau on avait découvert des corps humains ?
Là, encore la « valeur » de la vie n’est pas pareille, alors que normalement elle devrait être égale.
Bref, j’espère avoir la suite de l’histoire et surtout voir les coupables d’un tel acte.